lundi 1 mai 2017

La mère que j'aurais voulu être.



Ah cette mère que j'aurais voulu être, très loin de celle que je suis maintenant. Jamais satisfaite de soi, il y a aussi tout cet entourage qui enfonce bien le clou, nous fait culpabiliser sur ce que nous faisons ou pas. 



Mère, ce métier pour lequel rien n'est jamais vraiment acquis, ce rôle toujours critiqué, cette personne aux multiples personnalités, cette fonction constamment remise en question.

Je n'aime pas ce que je suis, en tant que maman. J'aime mes enfants, du plus profond de mon être et pourtant je n'arrive pas à m'en occuper. Je crois que je n'arrive pas à m'en occuper.



Pourquoi? À cause de tout, de tout le monde et de moi-même.

Dès que j'ai appris ma 1ère grossesse, j'ai lu, parcouru mille et une lectures afin de pouvoir avoir cette impression de gérer à la perfection l'éducation de mes enfants. La parentalité positive, c'est ce qui me parlait à l'époque. Parler, discuter, expliquer, bienveiller, communiquer, ces verbes allaient devenir des préceptes à appliquer au quotidien pour faire de mes enfants ces êtres parfaits dont je serai fière quand nous sortirons. 

Aujourd'hui, j'ai un monstre de bientôt 4 ans et un diablotin de 18 mois insortables, ingérables. Ces 2 nains de jardin nous en font voir de toutes les couleurs. Ils ne parlent pas, ils crient. Ils ne pleurent pas, ils hurlent. Aucun n'obéit ou n'accepte les règles que nous essayons tant bien que mal de leur donner. Certains diront que ce sont de sales gosses, qu'ils sont mal élevés, que nous sommes de jeunes parents faisant tous les caprices de leur progéniture.




Et pourtant, Dieu seul sait que ce n'est pas le cas. Les journées, moments passés avec eux ne sont que des instants d'éducation durant lesquels nous imposons des limites, des règles de savoir-vivre, de savoir-être, [je parle en nous car c'est aussi le cas de Papa Bolo], en discutant, négociant et à l'heure actuelle en hurlant, en mettant au coin et en explosant de colère. 

La bienveillance, la parentalité positive, je la mets de côté pour l'instant. Nous en sommes arrivés au point qu'il n'est plus possible de parler. Chacune des parties est arrivée à saturation. Les enfants nous voient dépassés, impatients et ils le deviennent à leur tour. 

Parents pressés, colériques et fatigués. 

Comment s'en sortir? En faisant le point, le soir et se dire que demain on repartira de bon pieds, avec de bonnes résolutions que nous tiendrons une semaine pour finalement revenir à nos vieilles mauvaises habitudes. 
Comment s'en sortir? En acceptant de ne pas être parfait. De ne pas être un parent parfait. 
Comment s'en sortir? En ne prenant plus en compte le regard des autres mais plutôt celui de son enfant.

Et puis, il y a aussi les blogueuses qui envoient du rêve à tous ces parents avec leurs activités génialissimes réalisées avec les minus. On les admire, on se dit "Wouah qu'est-ce qu'elle gère, où trouve-t-elle toute cette créativité?", "Oh, que ses conseils ont l'air bons, avisés... J'adore sa façon de gérer les conflits avec ses enfants". 

J'adore ces blogs. J'épingle telle ou telle idée. J'essaie de trouver le temps de réaliser ce DIY intéressant et puis, surtout, je culpabilise, je me sens nulle face à cette perfection maternelle. Je me dis que je ne sais rien faire de mes 2 mains car j'ai encore foiré le bricolage bien que toutes les étapes aient été réalisées correctement (un peu comme les tutos de coiffure), que ce foutu rituel que j'ai installé avec Elino pour qu'il s'endorme correctement ne fonctionne pas.

Attention, je ne dénigre pas les blogueuses. J'en suis une. J'admire mes copines. Et elles font bien de partager leurs connaissances, trouvailles. 

Mais, tu vois, tous ces gens qui jugent, cet environnement toujours plus parfait me font me sentir incapables de gérer mes gosses.

Aussi, j'aurais vraiment aimé être cette mère patiente ne s'agaçant jamais de voir les p'tits insupportables, 
j'aurais aimé être cette mère créative inventant des bricolages plus géniaux les uns que les autres, 
j'aurais aimé être cette mère présente pour ses enfants, 
j'aurais aimé être cette mère douée aux fourneaux utilisant les légumes pour dessiner un soleil dans l'assiette, 
j'aurais aimé être cette mère décoratrice créant ce tipis génial avec des manches de balais, 
j'aurais aimé être cette mère maître de ses émotions ne pleurant pas de nerfs face aux loulous désobéissants, 
j'aurais aimé être cette mère ayant cette capacité à laisser tomber les tâches ménagères pour se poser et jouer avec eux, 
j'aurais aimé être cette mère ayant passé son permis de conduire afin de les emmener se balader partout, 
j'aurais aimé être cette mère pédagogique expliquant clairement ce dont elle attend d'eux.

Je ne suis malheureusement aucune d'elle. Je tente de m'améliorer, je travaille sur certains points et je me rassure tant que je peux. Je me remets en question et puis surtout, je les aime et sur ça, je suis imbattable.





2 commentaires:

  1. Linou le roux1 mai 2017 à 23:04

    Vous êtes juste une maman et vous êtes tout pour eux...J ai arrêté de me comparer à ces mères exemplaires.Cette perfection doit surement cacher autre chose.nous faisons de nôtre mieux,à nôtre façon.

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  2. En te lisant je viens de le reconnaître.
    Tous les mamans ne sont pas parfaite j'en suis la preuve. Mon grand a 2 ans 1/2 et ma dernière 6 mois.
    Et mon fils est INSUPPORTABLE c'est très dur de savoir le gérer.
    J'ai même réussi à le perdre dans primark à charleroi samedi pour te dire.
    J'ai eu la peur de ma vie tous sa parce que mon fils n'écoute pas et rigole quand on lui dit quelque chose.
    Je ne me préoccupé pas du regard des gens du moins depuis que j'ai ma fille j'ai compris que leur regarde n'était pas la 24/24h pour pouvoir en juger.
    Moi je dis nous sommes peut être pas parfaite. Mais à leur yeux nous sommes leur univers. Comme bcp disent c'est un mauvais moment à passer. (du moins je l'espère)
    Bisous ma belle.

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