dimanche 6 novembre 2016

Elle s'est envolée.



C'était ce 10 octobre. Elle a décidé de partir parce que oui, je pense que c'était sa décision. Après tout, elle irait le rejoindre. Lui, il s'en était allé le 15 octobre, l'an dernier. Mes grands-parents se sont retrouvés. Ils sont à nouveau ensemble et ça, ça me soulage... .

Elle s'est envolée sans m'en avertir. Pas un signe. Rien. Et je ne l'ai pas vu venir non plus. Vaillante, robuste. Oui, elle l'était: une femme forte et indépendante. Tout ce que je souhaite être. Ma grand-mère. 

Elle m'a élevée, gâtée, soignée, logée, nourrie, choyée. Elle s'est occupée de moi jusqu'à au moins ça. J'avais tout ce que je voulais, absolument tout. Aucun retour n'était demandé si ce n'est un beau bulletin et un comportement exemplaire. Ça a toujours été le cas, je pense.

Je n'ai pas le souvenir de fessées, de cris. Certes, il y avait des réprimandes, des punitions instructives mais jamais de claques, jamais d'engueulades. De la bienveillance mélangée à une éducation tellement stricte. Jamais moins de 80% au bulletin, respecter les règles de bienséance, c'était mon quotidien et je l'aimais. Par dessus tout. 

Elle s'est envolée et 3 semaines après, je n'y arrive toujours pas à y croire. Elle avait du mal à se remettre du décès de papy. Il faut dire qu'elle ne vivait plus que pour lui: elle s'en occupait comme d'un enfant. Le perdre, c'était avoir perdu sa raison de vivre. 

Je savais qu'elle n'avait plus le moral mais elle semblait s'en sortir, me parlait des courses qu'elle faisait, des personnes âgées dont elle prenait soin. Mais, finalement, qui prenait soin d'elle? Même pas moi... Et je m'en veux. Terriblement. De ne pas avoir été plus présente alors qu'elle a passé une partie de sa vie à m'aider à construire la mienne. Qu'est-ce que je regrette. 

Et puis, ce 10 octobre, mon téléphone sonne. On m'annonce son décès. Je dois me rendre chez elle afin de téléphoner au médecin et aux pompes funèbres. Elle était assise. Et j'ai ce visage éteint qui me hante. Une cérémonie durant laquelle peu de personnes étaient présentes. Ça aussi, ça me hante.

Depuis, il ne se passe pas un jour sans que j'ai une pensée pour elle ou des pincements au coeur quand je croise des enfants avec leur mamy. Je l'admirais. Pour tout. S'être occupée de moi, gérer ses commerces, prendre soin de papy, garder une maison propre. Etre une femme totalement indépendante, autonome, COMPLETE.

Ma mami s'est envolée et elle me manque.





  


2 commentaires:

  1. Ma grand mère m'a élevée,aimée et choyée... C'était ma maman de coeur...
    Elle est partie sans m'avertir comme toi,un matin... Un infartus... Elle n'est jamais revenu... J'avais 12 ans...
    Pendant longtemps je ne pouvais pas y croire... C'était pas possible.. Elle devait revenir...

    Aujourd'hui 18 ans ont passés... La douleur s'adoucit avec le temps... Mais le manque reste impact.. Il ne passe pas une seule journée sans penser a elle et a mon grand père.
    Il est parti il y a 4 ans,juste avant la naissance de mon ainé.

    Je te souhaite plein de courage dans ce moment difficile.

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  2. Je te présente toute mes condoléances.
    Je pense que tu ne dois avoir aucun regret car avec ces paroles on sens l'amour que tu as pour elle
    Et même si tu dis ne pas t'être occupée d'elle
    Le faite que tu lui porte cette amour elle se sentait certainement soutenue et apaisée

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